Habiter un espace à forte contrainte naturelle

Habiter un espace à forte contrainte naturelle est le premier sous-thème du thème 2 du programme de géographie de la classe de sixième. La notion d’habiter est centrale au cycle 3 ; elle permet aux élèves de mieux cerner et s’approprier l’objectif et les méthodes de l’enseignement de géographie. En géographie, habiter ne se réduit pas à résider, avoir son domicile quelque part. En effet, s’intéresser à l’habiter consiste à observer les façons dont les humains organisent et pratiquent leurs espaces de vie. Ainsi, l’étude des « modes d’habiter » fait entrer les élèves, à partir de cas très concrets, dans le raisonnement géographique. Cela passe par la découverte, l’analyse et la compréhension des relations dynamiques que les individus-habitants et les sociétés entretiennent avec les territoires et les lieux qu’ils pratiquent, conçoivent, organisent, représentent. En outre ces approches se font à toutes les échelles.

Habiter un espace de faible densité

La question des ressources est aujourd’hui une des plus importantes qui soient et la géographie l’aborde de façon efficace. On insiste sur l’importance des espaces ruraux et agricoles. En effet, ils contribuent à la fourniture des ressources essentielles, notamment alimentaires. Cela, alors qu’une partie de l’humanité est toujours sous-alimentée ou mal alimentée. On montre les enjeux liés à la recherche de nouvelles formes de développement économique. Elles sont susceptibles d’assurer une vie matérielle décente au plus grand nombre, sans compromettre l’écoumène et sans surexploitation des ressources.

Ce thème autorise aussi une présentation de type géo-histoire. Cela donne de la profondeur à l’analyse. Mais offre aussi la possibilité de bien connecter la partie histoire et la partie géographie du programme de C4.

Une étude de cas au choix du professeur aborde chaque sous-thème. L’échelle mondiale permet de la contextualiser.

Un espace à forte contrainte naturelle

Problématique : En quoi les modes d’habiter dans les espaces à faible densité témoignent-ils d’une adaptation à des contraintes diverses et révèlent-ils la variabilité de ces contraintes, dans le temps et dans l’espace ?

Contrainte

Le premier sous-thème invite à réfléchir aux espaces à forte(s) contrainte(s) et/ou de grande biodiversité. La contrainte est un facteur limitant. Les groupes sociaux la subissent ou la surmontent, voire la transforment en atouts. Cela dépend de leurs moyens, de leurs intérêts et de leurs représentations sociales et culturelles. Le facteur temporel peut être une contrainte comme un atout. Les contraintes dominantes sont d’ordre climatique (grand froid, sécheresse, chaleur humide…) et de relief (pente, altitude). L’insularité ou l’enclavement sont aussi des contraintes à prendre en compte. L’adaptation présente des formes aussi variées que les milieux et les sociétés qui les aménagent. L’adaptation prend la forme d’aménagements et de pratiques. Ils rendent ces espaces habitables, mais ils sont inégalement mis en œuvre et acceptés par les acteurs des espaces concernés. 

Evolutions

Croissance démographique, pression sur les ressources, insertion dans la mondialisation… connaissent des évolutions accélérées. Désormais les espaces de faible densité sont connectés au reste du monde. Leur insertion est liée à l’exploitation de matières premières et à l’ouverture de fronts pionniers. Mais encore à la mise en tourisme du territoire. Ces dynamiques, notamment observées à des échelles fines, amènent à relativiser la contrainte. Ainsi le résident permanent ne porte pas nécessairement sur la contrainte le même regard que le pratiquant occasionnel (touriste et le travailleur temporaire). Elles sont sources de conflits d’usages et d’acteurs.

Biodiversité

La question de la biodiversité est abordée en lien avec le thème de la faible densité. Elle doit être interrogée au regard de celle de la contrainte et des représentations. Certains acteurs envisagent l’espace de grande biodiversité comme un réservoir de ressources à exploiter. D’autres à protéger, dans le cadre de réserves ou de parcs naturels. Des zones biogéographiques concentrent ces enjeux. C’est le cas des « points chauds » de la biodiversité par des organismes internationaux ou des ONG. Elles sont caractérisées à la fois par l’endémisme des espèces qui les peuplent et l’érosion de leur biodiversité. Les forêts denses d’Afrique centrale, d’Amazonie ou d’Indonésie, grands parcs nationaux d’Afrique australe, lagons du Pacifique ou de l’Océan Indien. Les dynamiques à l’œuvre sont ici signifiantes : les sociétés oscillent entre préservation et exploitation des ressources de leur territoire.

Ressources

Actualité