Comment les Etats-Unis ont-ils bâti leur puissance face à laquelle se mesurent les autres Etats ?

La version augmentée de ce chapitre comporte en plus : 

  • 1 cours entièrement rédigé (intro + conclusion)
  • Quiz : 90 questions.
  • Toutes les annales depuis 2013
  • Sujets : 3 compositions, 13 études critiques de documents
  • 1 lexique.
  • 1 chronologie.
  • La liste des présidents.

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Entre 1918 et 1941, les Etats-Unis se tournent vers leur propre puissance centrée sur le continent américain.

1.      Les 14 points de Wilson

Le président Wilson propose une paix en 14 points. Les domaines essentiels sont au nombre de 4 : 

  • création d’un lieu de rencontre pour les Etats,
  • suppression des barrières économiques,
  • réduction des armements,
  • restitution des territoires colonisés.

Ces propositions sont l’expression d’une puissance.  Les Etats-Unis ont mis sur pied une armée et fait traverser l’océan à plus de deux millions de soldats entre 1917 et 1918 ! Mais cette puissance militaire ne s’exprime pas dans le monde politique et les Etats-Unis se replient sur eux-mêmes.

2.      Une puissance qui se mondialise

Les Etats-Unis ont un vaste territoire. Il s’étend de l’océan Atlantique jusqu’aux îles des Philippines. Le voisinage proche est sous influence directe. Des investissements sont faits dans les plantations à Cuba, les chemins de fer au Pérou…  Le canal de Panama commencé par les Français est repris par les Etats-Unis. Ils en achèvent la construction et en août 1914 alors que l’Europe entre dans la première guerre mondiale !

La puissance américaine est aussi économique. Des investissements sont faits en Amérique Latine où s’implantent des usines Ford, se développent des exploitations agricoles… Les investissements se dirigent aussi vers l’Europe et l’Allemagne pour reconstruction après-guerre. 80 millions en 1867 -> 3,5 milliards en 1914. Occupent le troisième rang derrière la Grande Bretagne (18 milliards) et la France (8,7 milliards), et sont à rang égal avec l’Allemagne. Le dollar devient une monnaie qui compte d’autant plus que l’Europe rembourse ses dettes de guerre.

Les années 1920 renforcent le repli sur soi. La politique du bon voisinage mise en œuvre dès les années 1920 se traduit par de bonnes relations avec les pays voisins. Les Etats-Unis se montrent également moins directifs et plus coopératifs dans le cadre de la monté de régimes totalitaires en Europe (Nazis, fascistes, communistes). Pourtant, le krach de Wall Street poussent les Etats-Unis à rapatrier leurs devises et entraînent le monde dans la crise. Les Etats-Unis sont devenus une puissance planétaire blessée et se coupent du monde.

3.      Le virage de la seconde guerre mondiale

Les Etats-Unis refusent de participer au conflit. Des lois de neutralité sont votées plusieurs années de suite (1935, 1936, 1937). En 1940, Roosevelt est élu sur un programme de non intervention dans le conflit. Ils se contentent d’aider matériellement le Royaume Uni. La loi cash and Carry apporte une aide à la condition que les acheteurs paient le matériel avant de le récupérer : les Etats-Unis ne font pas crédit !

Le 7 décembre 1941, les Etats-Unis basculent dans le conflit. Les Japonais bombardent Pearl Harbor et détruisent une partie de la puissance militaire dans le Pacifique. L’économie du pays se met au service de la guerre. Les entreprises mettent leurs capacités de production au service de l’armement. Ford fabrique dès lors des avions et des chars d’assaut plutôt que des voitures. La propagande met en avant certaines personnes comme Rosie la riveteuse. Elle illustre la participation des civils et des femmes à l’effort de guerre ! Les Usa deviennent l’atelier de fabrication des armes pour libérer le monde.

Pendant la guerre, les Etats-Unis construisent le monde de demain. En août 1941, la charte de l’Atlantique définit le fonctionnement du monde de l’après-guerre et abouti à la création de l’ONU en 1945. En juillet 1944, la conférence de Bretton Woods prend plusieurs décisions financières : création du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale (afin d’assurer un équilibre de la finance internationale), de la Bird (Banque d’investissement reconstruction et de Développement pour financer la reconstruction de l’après-guerre). La liberté de commerce arrive avec la création du GATT (General Agreement of Tarifs and Trade, qui définit un espace de commerce international entre pays membres) en 1947.

Les idées de Wilson présentées en 1918 dans ses 14 points trouvent leur réalisation ! Les institutions mondiales sont pensées sur le modèle américain qui rayonne de toute sa puissance. Pourtant, dès 1947, commence la guerre froide.

Entrés de force dans le conflit, les Etats-Unis en sortent avec le statut de superpuissance. Ils  prennent la tête du monde libre jusqu’à la chute de l’Urss 1991.

1.      La guerre froide catalyseur de puissance

Deux modèles pour un seul monde. Les Etats-Unis et l’URSS sont porteurs d’un modèle universel. Chacun a pour objectif de conquérir l’ensemble de la planète et de gérer le quotidien des sociétés.  En 1945, les deux pays se font face. Ils se rendent compte qu’il n’y a pas de place pour 2 modèles, et entrent donc en conflit. Le président Truman décide de la politique de l’endiguement dès 1947. La même année, les communistes répliquent par la doctrine Jdanov qui vise à lutter contre le capitalisme américain.  Des guerres et affrontements plus ou moins directs ont lieu entre les deux grands : Berlin (1948-49) ; Corée (1950-53) ; Cuba (1962) avec la particularité du risque d’une guerre atomique ; Vietnam (1964-75) ; Afghanistan (1979-85).

Le Monde devient un champ d’affrontements dans de multiples domaines (sport, technologie, économie). La technologie permet de dominer à travers notamment l’arme atomique. C’est le début d’une course à l’armement. Dans le domaine spatial, la compétition est rude. Les Soviétiques envoient en 1957 le satellite soviétique “Spoutnik”, puis en 1961 Y. Gagarine. En 1969, 2 Américains se posent sur la Lune.

Rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine. En avril 1971, l’équipe américaine de ping pong qui joue au Japon est invitée à se rendre en Chine. La « diplomatie ping pong » porte ses fruits et le 27 avril, Mao annonce que Nixon « serait le bienvenu… et peu importe qu’il vienne en tant que touriste ou comme président ». Cette même année, la Chine continentale remplace Taïwan à l’ONU et récupère son siège au conseil de sécurité des Nations Unies avec le droit de véto associé. En 1972, Nixon fait son voyage en Chine et Pékin aide les Etats-Unis à la résolution de la guerre du Vietnam. En 1978, les Etats-Unis reconnaissent officiellement la Chine.

2.      Le déclin de la puissance

La société en panne. Les présidents sont touchés. Assassinat de Kennedy à Dallas en 1963. Dix ans plus tard, Nixon est affecté par l’affaire du Watergate. Il démissionne le 9 août 1974. Le modèle social est en crise. 1968 est l’année de la remise en cause de la société de consommation par la jeunesse. Les femmes manifestent pour demander l’égalité avec les hommes. C’est également un changement pour les populations noires.

L’économie est touchée. 1971, disparition de l’étalon or ce qui entraîne une baisse du Dollar, une augmentation des importations et du déficit. Le choc pétrolier de 1973 vient secouer une industrie traditionnelle qui n’a pas su se moderniser et qui s’effondre devant la concurrence européenne et asiatique. Les Etats-Unis sont en crise et leur puissance semble avoir montré ses limites. Pourtant, durant les années 1970-1980, même si 20 millions d’emplois sont créés aux Usa, les industries traditionnelles (textile, sidérurgie) connaissent des problèmes. La crise est donc toute relative.

La force militaire est impuissante. Au cours de la guerre froide, les Etats-Unis se sont porté garants de la paix mondiale. Mais ils se sentent bien seuls comme le dit Henri Kissinger au début des années 1970 qui dénonce « la tendance qu’avaient [leurs] alliés occidentaux à [leur] laisser porter seuls le fardeau de la sécurité mondiale ». Or cette force est mise à mal. En 1975, la guerre du Vietnam se termine dans la défaite. En 1979, la prise des otages de l’ambassade américaine en Iran et échec de l’opération de leur libération achève de confirmer cette incapacité à agir. C’est dans ce contexte de défaites que les Américains élisent Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis.

3.      L’Amérique est de retour

Ronald Reagan est élu à la présidence des Etats-Unis en 1981. Il relance alors la puissance américaine. L’économie est relancée avec la mise en œuvre du néolibéralisme.  Il repose sur la libéralisation du commerce et la dérégulation des activités. Il s’agit pour l’Etat de se désengager du contrôle des entreprises et de les laisser agir. Développement de programmes technologiques dont le plus ambitieux est le programme d’Initiative de Défense Stratégique (IDS). Il doit permettre de protéger les Etats-Unis de toute attaque de missiles en utilisant une série de lasers basés dans l’espace ! Retour de l’usage de la force. Interventions militaires à la Grenade en 1983 ; en Libye en 1986…

Valorisation du modèle américain. Il présente la guerre froide comme la lutte du bien contre le mal. Les Etats-Unis sont le bien et l’Urss le mal ! Son discours prononcé en 1983 est très explicite. A la même époque, le cinéma sort la suite de Star Wars : l’empire contre-attaque…  Reagan redonne aux Etats-Unis leur fierté, leur puissance et leur place de leader dans le monde des années 1980.

La disparition de l’Urss en 1991 confirme la victoire du modèle américain. Diffusion de la consommation, production, mode de vie… technologies (Internet), démocratie, libéralisme. Le monde a changé et F. Fukuyama parle alors de la fin de l’histoire. F. Fukuyama sort son ouvrage intitulé « le dernier homme et la fin de l’histoire ». Il aborde la fin de l’histoire dans l’esprit de la diffusion du modèle américain à travers le monde. Les guerres n’ont plus lieu d’être car une seule culture apporte au reste du monde une vision de paix et de prospérité.

La guerre froide permet aux Etats-Unis de se construire une puissance globale et de renverser l’Urss, seul concurrent sérieux. Au début des années 1990, ils sont une hyper puissance sans concurrent.

Une fois la guerre froide terminée, les Etats-Unis, sont une hyperpuissance. Ils prennent le rôle de gendarmes du monde pour réguler les relations internationales en s’appuyant sur le droit. Ils mènent des politiques multilatérales.

1.      Les « gendarmes du Monde »

La guerre du Golfe et la paix par la force. En septembre 1990, l’Irak envahit le Koweït, son petit voisin situé au sud. Saddam Hussein veut récupérer les richesses en hydrocarbures et donner à son pays un poids régional important. Dans le cadre du nouvel ordre mondial établit après la guerre froide, les Etats-Unis veulent libérer le Koweït par la force. L’ONU leur donne un mandat pour diriger une coalition et libérer le Koweït. Ce qui est fait le 28 février 1991.

La paix par le dialogue. Les accords d’Oslo en 1993 voient la mise en place d’une détente provisoire au Proche et Moyen Orient. L’autorité palestinienne est reconnue, et Israël se retire du Sud Liban. La FINUL (Force d’Interposition des Nations Unies au Liban). Mais Palestiniens comme Israéliens acceptent mal cette situation et les deux camps se séparent. Israël soutient la colonisation illégale des territoires occupés en Cisjordanie. En 2000 éclate la seconde intifada. En 2001, l’armée israélienne entre dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. En 2002 débute de construction du mur qui sépare les deux peuples.

Le dialogue et la force en Europe. La dislocation du bloc soviétique voit éclater une guerre en Yougoslavie. Les Européens ne savent comment agir face à cette guerre en Europe. Les Etats-Unis interviennent militairement à deux reprises : 1995 et  1999.

La force en Somalie. Les Etats-Unis reçoivent en 1992 un mandat de l’ONU pour intervenir militairement en Somalie dans la corne de l’Afrique. Leur mission consiste à permettre la distribution de l’aide alimentaire internationale. En effet, celle-ci est détournée par les seigneurs de guerres locaux. Or, malgré leur puissance les soldats Américains ne parviennent pas à régler la situation. L’opération Restore Hope, reprise dans le film la « chute faucon noir », illustre l’échec de l’armée américaine.

2.      Une puissance remise en cause

Les Etats-Unis sont remis en cause. En 1995, José Bové et ses camarades dénoncent le comportement des multinationales américaines. Ils commencent à démonter le Mac Do de Millau ! D’autres contestataires utilisent la force et la violence. Le 26 février 1993 une voiture piégée explose et fait une victime dans le parking souterrain du WTC à New York. Le 12 octobre 2000, un canot pneumatique piégé explose contre le navire de guerre Uss Cole dans le port d’Aden au Yemen. L’explosion fait 17 morts, 39 blessés et le navire est inutilisable.

Les attentats du 11 septembre  2001 marquent un tournant.  Ils semblent confirmer les idées mises en avant par S. Huntington dans son livre « Le choc des civilisations ». Selon lui, « dans ce monde nouveau, la source fondamentale et première de conflit ne sera ni idéologique ni économique. Les grandes divisions au sein de l’humanité et la source principale de conflit sont culturelles (…) Le choc des civilisations dominera la politique à l’échelle planétaire. Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front des batailles du futur« .

GW Bush mène une politique unilatérale. Il estime devant le Congrès le 20 septembre 2001 que les Etats se rangent, ou pas aux côtés des EU : « qui n’est pas avec nous est contre nous « . Les pays traditionnellement opposés aux Etats-Unis tels que la Russie et la Chine occupent alors une place nouvelle en étant réhabilités au rang de partenaires, permettant ainsi la guerre en Afghanistan. Les relations internationales deviennent dès lors un prolongement des politiques intérieures américaines. Le droit international humanitaire est bouleversé. La guerre contre le terrorisme a défini un nouvel ennemi : le terroriste. Les Etats-Unis ont créé à Guantanamo un camp d’internement en dehors du droit américain.

3.      Vers un nouvel ordre mondial

Les Etats-Unis prennent du recul dans les affaires du monde. A l’inverse de GW Bush, B. Obama souhaite agir à distance. Il utilise des drones au lieu d’envoyer des soldats combattre. Cette logique se met en place suite à la crise des subprimes en 2007. Les Etats-Unis se heurtent de plein fouet au mur de la dette. Barack Obama précise dès le début de son mandat que les Etats-Unis n’auront plus les moyens d’intervenir dans le Monde à cause de restrictions budgétaires. D. Trump suit d’une certaine façon la même voie en continuant de replier les Etats-Unis.

Des alliances de circonstance. Certaines puissances souhaitent alors intervenir à la place des Etats-Unis dans les affaires du monde.  Les alliances avec les Etats-Unis sont variables selon les situations. Ainsi, la France ne soutient pas les Etats-Unis lors de la guerre en Irak en 2003, mais se rapproche d’eux dans le cadre de l’intervention en Syrie en 2014. La Grande Bretagne est dans la situation inverse elle intervient en 2003, mais refuse en 2014…

Les Etats voyous de G.W. Bush.  Ce sont des Etats fermement opposés aux Etats-Unis : Corée du Nord et Iran. D’autres tensions se font à l’encontre de pays communistes : Vietnam et Chine. Mais les choses changent avec le temps. Cuba s’est rapproché des Etats-Unis.  Au Venezuela, Hugo Chavez ne fait plus entendre sa voix suite à son décès. La Corée du nord met en avant une menace actuellement peut crédible et finit par s’ouvrir au monde en 2018. L’Iran sort progressivement des sanctions infligées depuis 1979, mais les Etats-Unis relancent les sanctions à la fin de l’année 2018. Quant à la Chine elle vient faire contrepoids parce qu’elle a une économie florissante par rapport aux Etats-Unis, au point qu’elle ait racheté une partie de la dette Américaine !

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