Quelles sont les dynamiques de la mondialisation ?

La version augmentée de ce cours comporte :

  • Un cours rédigé (avec intro + conclusion)
  • Des quiz : 60 questions.
  • Toutes les annales du bac.
  • Sujets : 8 compositions ; 1 croquis.
  • 1 croquis
  • 1 lexique

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1.Une production mondialisée

L’entreprise Apple est organisée à l’échelle du monde. L’iPhone est conçu au Nord. Le siège de la société Apple est installé à Cupertino au cœur de la Silicon Valley à San Francisco. Les centres de recherche, les universités et les entreprises de haute technologie offrent un cadre est favorable à l’innovation. Mais l’iPhone  est fabriqué en Chine. Les composants du smartphone sont fabriqués dans le monde entier et l’assemblage final se fait en Chine dans les usines de Foxconn à Longhua. Le coût de la main d’œuvre moins élevé et la proximité du littoral pour les échanges commerciaux sont des atouts.

L’iPhone illustre la DIT. La recherche est effectuée aux Etats-Unis mais 90% de la production de l’iPhone est faite hors du pays. Le travail effectué par les Chinois ne représente que 4% du prix final de la machine. De son côté Apple en empoche 60% ! La firme est donc très profitable : sa capitalisation boursière a dépassé les 1000 milliards de dollars en 2018.Pourtant,Apple a pris conscience que l’iPhone ne peut plus être assemblé qu’en Chine car les Etats-Unis n’ont plus les compétences pour le produire chez eux !

Des changements. La Chine en particulier et l’Asie en général exportent les productions au profit des pays du Nord. En effet, de nombreuses entreprises occidentales ont délocalisé leurs activités dans cette région et des producteurs locaux sont très performants : le coût de la main d’œuvre est bon marché, sans compter que les conditions de travail ne sont pas les mêmes qu’en Europe et sont parfois plus laxistes. Cependant, on peut noter des changements en Chine notamment où les ouvriers se sont mis en grève dans les usines Foxconn.

2. Une diffusion limitée

L’iPhone est un produit de luxe. Il coûte trois fois le salaire moyen d’un ouvrier chinois. Mais ce prix donne une image à la marque et suscite des convoitises. Cela permet aussi de dégager des marges financières plus importantes qu’avec un téléphone à bas coût.

Les clients de l’iPhone sont très localisés. Ils se situent essentiellement dans les pays à forts revenus mais aussi dans les grandes métropoles à travers le monde. Les Apple stores sont concentrés dans les pays du Nord. Mais il s’en ouvre en Chine, en Russie, dans les pays du Golfe, au Brésil…

Une culture globale qui change. Le design neutre et le marketing indifférencié reflètent une certaine uniformisation culturelle. Celle-ci s’adapte partout dans le monde. Des concurrents ont émergé à la suite d’Apple et du succès de son produit. Le chinois Huawei et le coréen Samsung proposent également des smartphones haut de gamme.

1. Mobilités, flux et réseaux

La mondialisation est la mise en réseau du monde. Les transports ont permis et renforcé la mondialisation mais de manière inégale. 85% des échanges se font entre les pays de la Triade et les pays émergents. 10Etats assurent la moitié du commerce mondial. Les flux de produits manufacturés représentent plus de 70% des échanges en valeur. Ces flux se font à 80% par voie maritime. Le porte-conteneurs le plus grand du monde est le Jules Verne. Il est prévu pour transporter 16000 conteneurs pour l’équivalent d’un milliard d’euros de marchandises. 

Les flux financiers sont internationaux. Les banques ont des filiales dans les grandes économies du monde. Les places boursières sont reliées les unes aux autres et sont à la fois concurrentes et complémentaires. Grâce aux TIC, les flux de capitaux sont dématérialisés et se font via l’informatique et les réseaux de communication. Les IDE peuvent se faire en n’importe quel endroit de la planète. Le stock mondial est passé de 700 milliards de dollars en 1980 à plus de 25.000 milliards de dollars aujourd’hui !

La mondialisation est celle des populations. Près de 250 millions de personnes vivent aujourd’hui dans un autre pays que celui dans lequel elles sont nées. Le tourisme international voit se déplacer provisoirement 1 milliard de personnes.  Se déplacer sur de grandes distances coûte de moins en moins cher. Les populations se déplacent à cause des guerres, des crises liées au climat ou tout simplement pour trouver une vie meilleure (salaire, logement, démocratie, paix…) ou pour leurs études (brain drain). Les pays du nord sont attractifs, mais l’accès y est de plus en plus difficile.

D’autres mondialisations. Avec lesNTIC (Nouvelles Technologies de l’information et de la communication), l’information se mondialise. Une autre mondialisation existe et s’appuie sur les trafics illégaux (de personnes, de drogue…). Il est en de même pour les paradis fiscaux qui sont la face grise de la mondialisation parce qu’on se trouve à la limite de la légalité : l’évasion fiscale n’est pas loin.

2. Les acteurs de la mondialisation

Les États sont des acteurs ambigus. Ils ont promu le système de libre-échange économique à travers l’OMC et ont rendu possible la DIT. Mais l’augmentation des échanges affaiblit les Etats : ils ont du mal à réguler la finance (du fait des paradis fiscaux) et les trafics en tous genres (personnes, drogues…). Les Etats sont partagés entre coopération et concurrence. Ils s’associent au sein d’OIG telles que l’ONU, l’OMC, le FMI ou le G20 et prennent des décisions à l’échelle mondiale. L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) « est la seule organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Le but est d’aider les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités ». Les Etats se livrent une concurrence pour capter le maximum de flux et d’investissements. Les zones franches pour les entreprises ou les baisses d’impôts pour les plus aisés sont autant de moyens pour faire venir les activités et la richesse.

Les Firmes Trans Nationales (FTN) sont des acteurs importants de l’économie mondiale. Elles accumulent 85% du PIB mondial et ont généré en 2015 1700 milliards de dollars d’IDE. Leur nombre a augmenté, passant de  10.000 FTN en 1970 à plus de 78.000 actuellement. Elles ouvrent avec 780.000 filiales qui font travailler 300 millions de personnes. Les FTN illustrent la Division Internationale du Travail (DIT). Certaines entreprises comme Nike ou Apple répartissent leurs activités (recherche, fabrication, financement, etc.) dans différents pays selon des critères très variables (coût de la main d’œuvre, proximité des centres de décisions, de plateformes multimodales, des impôts moins élevés, l’appréciation de la monnaie). Par exemple, l’entreprise européenne Airbus a implanté des usines aux Etats-Unis. Cette production lui permet de fabriquer et de vendre ses avions directement en dollars, monnaie plus avantageuse que l’Euro. 

Des groupes d’acteurs. Les Organisations non gouvernementales (ONG) regroupent des personnes œuvrant pour les mêmes objectifs. Certaines ONG sont très connues du grand public à l’image de Greenpeace, Médecin sans frontière… On trouve également des ONG dans des domaines peu recommandables (trafics de drogues, cartels, mafias). Les diasporas sont des relais d’influence pour leur pays d’origine. Elles sont souvent à l’origine de la diffusion de pratiques culturelles (alimentaires, festivals…) et de produits manufacturés. Elles contribuent à l’envoi de remises ce qui représente une somme importante et parfois indispensable à certaines économies dans le monde. Les médias. Les TIC permettent une diffusion instantanée de l’information à travers le monde. La langue n’est plus un obstacle du fait de l’usage de l’anglais mais aussi de chaines nationales qui rayonnent dans le monde entier (CNN, BBC, Al Jazira, RFI…). Ces groupes d’informations deviennent transnationaux.  

1. De nouveaux équilibres

Les Etats perdent pouvoirs et autorité. Le décalage est de plus en plus important entre l’entreprise organisée en réseau et l’Etat qui gère un territoire. Des Etats veulent parfois se soustraire à l’autorité de gouvernances supra nationales en contournant les règles de l’OMC ou remettant en cause des organisations régionales. En 2016, le Royaume Uni fait le choix de quitter l’Union européenne. En 2017, les Etats-Unis décident de renégocier le traité de l’Alena pour le rendre plus profitable à leur puissance.

De l’antimondialisation à la démondialisation. Au cours des années 1990, le mouvement antimondialiste se développe autour d’ONG (Oxfam, Greenpeace, Attac). Ces mouvements qui se font connaître lors des sommets internationaux dénoncent les ravages sociaux et environnementaux de la mondialisation libérale. Lors de la conférence de l’OMC à Seattle en 1999 de nombreux affrontements violents ont ainsi opposé les forces de l’ordre aux antimondialistes. L’alter mondialisme propose un autre type de développement centré sur l’humain. Il ne s’agit plus de lutter contre la mondialisation, mais de la rendre plus solidaire. Le Forum Social Mondial (FSM) qui se réunit en 2001 à Porto Alegre au Sud du Brésil tente de remettre l’individu au centre du monde. La décroissance est également proposée comme solution à l’excès de libéralisme. Depuis les années 2010, une nouvelle forme de contestation s’exprime : la démondialisation. Certaines voix demandent un repli sur soi avec la mise en place de mesures protectionnistes.

Les entreprises sont sensibles à ces mutations. Elles mettent en place des codes de bonne conduite : ne pas utiliser de teintures polluantes, ne pas faire travailler les enfants mais leur permettre d’être scolarisés… Certaines font le choix de développer le commerce équitable : pour que les producteurs puissent vivre de leur travail. Quelques entreprises font le choix de relocaliser leurs activités dans le pays d’origine, permettant ainsi de créer des emplois.

2. De nouveaux enjeux

Le développement a permis un recul de la pauvreté. Les pays du Sud ont profité de la redistribution des activités à l’échelle mondiale, améliorant ainsi le niveau de vie de milliards de personnes. Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 46% en 1990 à 15% en 2015. Mais les inégalités persistent et se renforcent. Les pays émergents ont vu leur niveau de vie augmenter de manière importante alors que dans le même temps, la situation empirait dans d’autres. Les écarts de richesse sont importants au sein d’un même pays. Le coefficient de Gini de la Chine est passé de 0,3 à 0,5 ces trente dernières années.

L’environnement devient un enjeu central. Le modèle libéral de productivité consomme trop de ressources et pollue. Le réchauffement climatique menace l’ensemble de la planète. Des sommets mondiaux (Kyoto, Rio, Paris) se penchent sur la question du développement durable. Les réponses doivent être globales pour être efficaces, mais demandent à chaque pays de faire des efforts.

La culture et l’identité. La diversité des cultures se voit menacée par la diffusion de pratiques standardisées, le plus souvent d’origine occidentale (fast-food, cinéma, langue anglaise…). Paradoxalement, les flux migratoires entraînent un brassage de populations qui tendent à devenir multiculturelles. La mondialisation pousse certaines populations à se replier sur elles-mêmes par peur de disparaître. La vie en commun est parfois difficile pour des populations d’origine étrangère.