Quels sont les progrès et les limites de la gouvernance économique mondiale depuis 1944 ?

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1.      La gouvernance financière

En 1944, les représentants des nations se réunissent à Bretton Woods aux Etats-Unis. Ils décident du fonctionnement de la finance internationale. Le but de cette nouvelle organisation est d’éviter de nouvelles guerres et de compenser les faiblesses de la Société des Nations.

Il est décidé de faire du dollar une monnaie internationale en le mettant à parité avec l’or. Avoir des dollars, comme avoir de l’or revient donc à la même chose. 2 organismes sont mis en place :

  • la banque mondiale. Elle prête de l’argent aux pays qui en font la demande
  • le Fond Monétaire International (FMI). Il garantit le fonctionnement de la finance internationale.

2.      La gouvernance économique

Le commerce entre dans l’organisation économique. Le commerce se libéralise en regroupant les pays occidentaux autour du modèle américain. Deux moments sont à noter :

  • En 1947, le Gatt (General Agreement on Tarifs & Trade) est mis en place. C’est un marché commun. Il permet de favoriser la concurrence en harmonisant les droits de douanes. Ces droits finissent par disparaitre. Cela autorise des échanges ouverts et équitables entre les pays membres. Les Etats-Unis pensent que les pays qui commercent entre eux ne se font pas la guerre.
  • En 1948, le plan Marshall apporte une aide financière, économique et matérielle aux pays d’Europe. Elle rapproche les pays d’Europe des Etats-Unis. Elle permet aussi aux Etats-Unis de lutter contre le communisme qui commence à se diffuser dans le monde.

3.      D’autres gouvernances dans le monde

Le monde communiste a développé le Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM).  Cette organisation économique du bloc soviétique est dirigée par l’Urss. Chaque pays est spécialisé dans un domaine de production. Il n’y a pas de concurrence mais une complémentarité entre tous les pays. C’est un système refermé sur lui-même qui n’accepte pas la concurrence. Mais il renforce la solidarité entre les pays membres.

Le Tiers Monde propose l’idée d’un codéveloppement. Cette idée se met en place lors de la conférence de Bandung en 1955. Chaque pays apporte aux autres un élément de production économique qu’il maîtrise. La Chine propose d’aider les pays qui veulent développer la riziculture. Le Japon propose d’envoyer ses ingénieurs pour développer les industries…  De son côté, le G77 regroupe les pays du Sud ainsi que la Chine. En 1964 il demande l’instauration d’un nouvel ordre mondial laissant plus de place aux pays en développement.

1.      La fin du système de Bretton Woods

La fin au système de Bretton Woods.  Le 15 août 1971 Richard Nixon, président des Etats-Unis met fin à la parité entre le dollar et l’or. Le financement de la guerre du Vietnam a entrainé une inflation que les Etats-Unis ne peuvent plus financer.

Les monnaies deviennent flottantes. Un régime de taux de changes flottants est instauré dès 1976, rendant ainsi les monnaies flottantes les unes par rapport aux autres. Malgré cela, le dollar reste toujours la monnaie de référence, de refuge et du commerce international.

L’économie devient financière. Face à la crise, les places financières et boursières se renforcent. En effet il devient possible de faire des bénéfices dans la finance. Les investissements se dirigent alors vers les monnaies. La production de richesse n’est donc plus uniquement basée sur l’industrie ou l’agriculture.

2.      D’autres gouvernances émergent

Le choc pétrolier met en avant la gouvernance de l’OPEP. L’OPEP est l’Organisation des Pays Producteurs et Exportateurs de Pétrole créée en 1960. Ils décident à la fin de l’année 1973 de multiplier par 4 les prix du pétrole.

Le choc pétrolier entraine trois conséquences :

  • Le monde occidental bascule dans une crise économique.
  • Les pays disposant de pétrole s’enrichissent
  • L’OPEP est un acteur majeur de l’économie mondiale.

Le G6 est créé pour répondre à la crise. Le Groupe des 6 (G6) est mis en place en 1975 pour aborder les questions financières et trouver des solutions à la crise économique. Il regroupe des pays riches : France, Grande Bretagne, Etats-Unis, Allemagne, Japon et Italie. Les chefs d’États s’engagent à se réunir annuellement pour « discuter des affaires du monde […] en toute franchise et sans protocole, dans une ambiance décontractée ».

3.      Des gouvernances mondialisées

Les firmes multinationales se développent. Face à la crise, certaines entreprises se mondialisent. De fait, les entreprises mènent des politiques économiques adaptées à l’échelle mondiale. Les Américains Glencore et Gargill sont les premiers négociants au monde dans l’énergie, les minerais et les céréales. L’entreprise japonaise Toyota adapte sa production automobile au marché mondial. Elle implante ses activités en Asie et en Occident. 

Les Firmes Trans Nationales (FTN) s’imposent. Les FTN sont de grandes entreprises ayant des activités dans de nombreux pays du monde. Elles sont des acteurs importants de l’économie mondiale. Elles accumulent 85% du PIB mondial. Leur nombre passe de moins de 10.000 en 1970 à plus de 78.000 dans les années 2010, elles disposent de 780.000 filiales dans le monde et font travailler 300 millions de personnes.

La Nouvelle Division Internationale du Travail (NDIT). Les FTN organisent l’espace mondial selon la NDIT fondée sur la séparation des activités de direction, de conception, de recherche-développement, d’assemblage et de distribution. Les FTN délocalisent leurs activités de production dans les pays où la main d’œuvre est la moins chère. La gestion de leurs activités est implantée dans les pays où la fiscalité est peu contraignante (paradis fiscaux).

1.      Un monde libéral

De nouvelles politiques économiques se mettent en place. Le néolibéralisme des années 1980-90 repose sur la libéralisation du commerce et la dérégulation des activités. Il permet de renforcer la concurrence et de faire baisser les prix. La Chine communiste s’engage aussi sur un autre modèle de développement. Les réformes amorcées par Deng Xiaoping au début des années 1980 ouvrent progressivement le pays au monde.

La gouvernance économique s’adapte à la mondialisation.  En 1994, le GATT est remplacé par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). L’OMC fixe des règles communes, respectées par ses 162 membres. L’OMC « est la seule organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Le but est d’aider les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités ».

La gouvernance économique se fait aussi à l’échelle régionale. Le Mercosur (1991), l’Union européenne (1992) et l’Alena (1995) voient le jour. L’objectif de ces associations régionales est de renforcer les économies des pays membres. Pour cela, une libre circulation des marchandises est mise en place et les droits de douanes sont diminués, voire disparaissent.

2.      De nouveaux acteurs

La société civile devient un acteur. Elle regroupe les populations à travers les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et cherche à peser sur la gouvernance mondiale. En 1999 à Seattle une violente manifestation dénonce la dictature des marchés. Il en est de même lors du forum de Davos en 2001. La même année, un contre forum est mis en place à Porto Alegre au Brésil. Les Altermondialistes proposent la mise en place d’un monde centré sur l’individu.

L’Etat reprend en main la gouvernance. La crise financière de2007 a montré les dérives du néolibéralisme. Dans le monde, les Etats reprennent alors en main une partie de la gouvernance économique. En Russie, Vladimir Poutine est pouvoir depuis 1999. Il restaure l’Etat Russe à travers un retour de l’autorité. A cette même période, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont les moteurs de la croissance économique mondiale.

Les fonds souverains se renforcent. Les fonds souverains sont des placements financiers détenus par les Etats. Ils placent l’épargne nationale dans divers investissements à travers le monde. Le fonds souverains ne sont pas nouveaux mais prennent de plus en plus d’importance. Le plus ancien d’entre eux est le fonds koweïtien Koweit Investissment Authority créé en 1953. En 2008 il gère 3000 milliards de dollars d’actifs contre 500 milliards au début des années 1990.

3.      Une gouvernance complexe.

Le groupe des 20 (G20) est créé en 2009. Le G20 regroupe les 20 pays les plus puissants du monde : ils représentent 85% du PIB de la planète et 65% de la population mondiale. Pourtant, le G20 dispose de peu de pouvoir et reste surtout un lieu de discussions et d’échanges à l’image du G7.

L’environnement prend de l’importance. La COP 21 (Conférence des Parties) ainsi que les autres COP influent sur les politiques économiques des Etats. Il s’agit pour eu de trouver l’équilibre entre production, développement et respect de l’environnement ; c’est le principe du développement durable.

L’individu devient un acteur de plus en plus important. L’individu est important en tant que consommateur. Il le devient aussi en tant qu’acteur dans les décisions économiques des entreprises. Les réseaux sociaux permettent aux individus de s’exprimer et de peser sur les décisions des entreprises. Ils participent aussi de la société civile.