Les exemples de développement réussis sont-ils l’exception ou alors la marque d’un continent en train d’émerger ?

La version augmentée du cours comporte en plus : 

  • 1 cours entièrement rédigé (intro + conclusion).
  • Des quiz : 60 questions pour vérifier tes connaissances.
  • Toutes les annales du bac pour les filières L, Es et S.
  • Sujets : 2 compositions, 4 études de doc(s), 1 croquis.
  • 1 lexique.
  • 1 croquis.

En savoir plus

1.      Un sous-développement marqué

La pauvreté du monde. Selon les données des nations Unies et de l’Organisation Mondial du Commerce (OMC), l’Afrique ne représente que 4% du Pib du Monde en parité de pouvoir d’achat. En 2018, le continent compte 1,3 milliard d’habitants en 2018, ce qui représente environ 17,1% de la population mondiale, et l’espérance de vie de la population est plus faible qu’ailleurs avec 61,6 ans en moyenne.

Le mal développement. 390 millions de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. S’y ajoutent 160 millions d’analphabètes. Les conflits et autres catastrophes naturelles ont généré 11 millions de déplacés sur les 37 millions comptés dans le Monde. Tous les indicateurs du développement sont au plus bas et l’UNESCO classe 34 des 54 pays africains dans les Pays les Moins Avancés.

Une population qui augmente. Les projections estiment à 1,5 milliard d’habitants en 2030 et 3,6 en 2100. La population est jeune. Les moins de 25 ans représentent 20% de la population du continent africain, soit 200 millions de personnes. S’ils ne manquent pas d’experts ou d’analystes, ces jeunes restent pourtant seuls face à leur avenir. Dans certains pays, la moitié de la population est âgée de moins de 20 ans (Algérie…).

2.      Un développement laborieux

Le continent africain est contourné par les routes maritimes qui empruntent le canal de Suez ou contournent le cap de Bonne Espérance. Pourtant, l’Afrique qui est reliée au monde intéresse peu les armateurs. En effet, les infrastructures ne sont pas toujours adaptées au trafic, mais surtout sont exposées à la piraterie maritime.

L’économie repose sur un commerce des matières premières. 74% des exportations portent sur des ressources naturelles. Mais elles sont exportées telles quelles elles et n’apportent qu’une faible valeur ajoutée. 19% seulement portent sur des productions manufacturières. D’autre part, l’Afrique accueille moins de 2% du stock mondial d’Investissements Directs à l’Etrangers (IDE).

L’application Abalobi, développée dans le cadre des Objectifs de développement durable des nations unies en Afrique du sud est destinée aux petits pécheurs. Elle leur donne l’état de la mer et des informations sur la pêche. Les pécheurs rentrent ensuite leurs dépenses et leurs ventes, ce qui leur permet d’avoir des informations précises quant à leurs revenus. A partir de là, ils peuvent se tourner vers les banques pour avoir des prêts afin d’acheter une maison par exemple.

3.      Un continent en lien avec le monde

Les liens de l’Afrique avec le reste du monde sont portés par des puissances. En août 2014 Barack Obama a accueilli à Washington le Sommet des dirigeants africains. Un an plus tard, en décembre 2015, Xi Jinping organise le sommet Chine Afrique, en Afrique du Sud, pays le plus avancé du continent. Ce fut l’occasion de s’intéresser de plus près aux implantations chinoises en Ethiopie, mais aussi au Kenya (route de la soie).

Le développement via Internet. Le Cameroun envisage une économie basée sur le numérique. Les câbles à fibre optique sont immergés au large des côtes africaines et relient l’Europe. Des raccordements sont ensuite faits en direction des Etats qui peuvent organiser un développement du réseau sur leur territoire. Le 30 novembre 2015 a été lancé le projet Dorsale à fibre optique d’Afrique centrale.

1.      L’Afrique est insérée dans la mondialisation

20 millions d’Africains se déplacent sur le continent. 82% de ces migrations se font en Afrique. Une partie de ces flux migratoires concernent des populations touchées par les conflits (Sahraouis, Soudanais etc.) D’autres populations se déplacent pour des raisons économiques. Ce sont alors les pôles de richesses qui les attirent (Afrique du Sud, Nigéria) pour leur développement économique.

L’enrichissement voit l’émergence d’une classe moyenne. En 2010, 34,3% de la population appartient à ces classes moyennes. La classe moyenne veut vivre à l’occidental, notamment en matière de consommation quotidienne.

L’insertion de l’Afrique dans la mondialisation par le crime transnational. Au cours des années 2000 l’Afrique devient le territoire de trafics humains, de matière première, de trafics de médicaments, d’armes, de drogues… Le développement s’en trouve pénalisé. De manière paradoxale, cette insertion dans la mondialisation pénalise le développement sur le continent. Les flux financiers quittent le continent à raison de 50 milliards de dollars par an, soit 1000 milliards de dollars depuis les années 1970 ce qui est supérieur à l’aide publique au développement reçue par le continent !

2.      Des situations de réussites

L’horticulture au Kenya fait partie des succès économiques. Des fleurs, notamment des roses y sont cultivées dans des serres tout au long de l’année. Exportées en direction de l’Europe par avion dans des conteneurs réfrigérés, elles sont disponibles 48 heures plus tard chez les fleuristes. C’est la même chose avec les fruits et légumes d’Afrique du Sud. Au Maroc, des entreprises européennes de grande distribution ont passé des contrats avec des producteurs locaux afin de bénéficier de prix plus bas qu’en Europe mais aussi d’une mise sur le marché plus précoce et plus longue durant l’année.

Le port de Tanger Med est idéalement situé sur l’artère de la mondialisation maritime. Le port de conteneurs sert de hub pour la région en lien entre le monde, l’Europe et l’Afrique du nord. Des entreprises comme Renault ou Peugeot y ont construit des usines d’assemblages de véhicules. Les deux constructeurs bénéficient de la proximité avec l’Europe, de la main d’œuvre locale, bon marché. La localisation est un atout et le temps n’est pas une contrainte car une fois les véhicules assemblés, ils sont livrés en Europe en 48 heures.

Le secteur manufacturier en Ethiopie s’est développé. Le fabricant chinois Huajian s’est installé à Addis Abeba où 150 managers chinois veillent sur les 3200 salariés éthiopiens. Ils fabriquent des chaussures de qualité internationale. Chaque jour, 10.000 paires de chaussures sont fabriquées et vendues dans le monde entier sous les griffes des plus grandes marques. Le FMI a cité cette réalisation comme un exemple des investissements chinois en Ethiopie. Pour la Chine les raisons sont multiples : salaires plus fables qu’en Chine, terres données par le gouvernement, matière première (cuir) disponible en quantité.

3.      Une réussite encore fragile

Des ressources naturelles en quantité. L’Afrique dispose du tiers des réserves mondiales de minerais. S’ajoutent des terres rares que l’on retrouve dans plusieurs pays (Mali, Tanzanie, Congo…) ces terres rares sont indispensables dans la production industrielle, l’électronique, mais aussi le matériel militaire. Des pays comme l’Algérie, l’Angola, le Nigéria, la Libye (…) exportent leurs hydrocarbures à travers le monde et leur procure une économie de rente. D’autres pays bénéficient de productions agricoles telles que le cacao pour la Côte d’Ivoire. Mais cela fragilise leurs revenus car ces productions sont fluctuantes et subissent aléas des prix mondiaux sur lesquels ils n’ont que peu de poids. Avec le land grabbing. Les terres cultivées appartiennent à des pays étrangers qui exportent ensuite la production. Par exemple, les terres d’Ethiopie sont détenues par des investisseurs de différents pays du monde.

L’Afrique est le seul continent des ingérences extérieures. Que ce soit pour des raisons sanitaires comme avec le virus Ebola, ou pour lutter contre le terrorisme dans la bande Sahelo-saharienne, les puissances mondiales, se permettent d’intervenir sur le continent !

L’Afrique du sud, un pays émergent. L’Afrique du sud, véritable puissance du continent africain fait partie des Brics. C’est le seul pays du continent à faire partie du G20. Pourtant, ce pays semble quelque peu à la traine face aux 4 autres grands émergents et d’autres pays se développent. Les « Lions africains » (Tunisie, Egypte, Afrique du sud et Maroc) sont à l’Afrique ce que « les dragons » sont à l’Asie : des pays en pleine croissance économique. Depuis d’autres puissances ont suivi le même chemin : le Nigéria, l’Angola, le Kenya. L’ensemble de ces pays représentant environ 65% du PIB africain.

1.      Le défi démographique

Le défi sanitaire. L’Afrique subsaharienne supporte une part disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2015, 88% des cas de paludisme et 90% des décès dus à cette maladie sont survenus dans cette région. Depuis 2014, la peste à fait son retour à Madagascar dans la capitale du fait de l’insalubrité de certains quartiers ! L’épidémie du sida. 23 millions de personnes sont atteintes en Afrique sur les 34 millions dans le Monde. Sur la période 1985-2020, les 9 pays les plus touchés ont perdu entre 13% pour la Tanzanie et 26% pour la Namibie, de leur main d’œuvre disponible. A cela viennent s’ajouter d’autres épidémies telles qu’Ebola qui a touché l’Afrique de l’Ouest à compter de 2015. 28.500 personnes ont été infectées et l’aide internationale tarde à se mettre en place malgré les appels de Médecins Sans Frontières.

Le défi scolaire. Les Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education (TICE) peuvent être un moyen de favoriser la scolarisation et donc le développement. Le projet PanAf impulsé en 2005 vise à étudier puis promouvoir les TIC dans l’éducation en Afrique. Le constat fait part de l’idée que les TIC sont de plus en plus utilisées dans la société et que cela peut permettre d’assurer un développement. Quelques exemples. Kenya : Autonomisation des groupes d’entraide à l’aide des TIC ; Niger : Alphabétisation de base par cellulaire (ABC) ; Nigéria : Utilisation de la radio dans un programme d’éducation des nomades ; Sénégal : Projet d’alphabétisation des jeunes filles et jeunes femmes avec les technologies de l’information… le e-learning peut être une solution à la scolarisation dans les espaces isolées mais aussi dans les grandes villes, tant les déplacements sont difficiles.

Les femmes, sont-elles l’avenir du continent africain ? Les filles font partie des populations fragilisées par le manque de scolarisation. La raison première de ce manque d’éducation des filles s’explique par la pauvreté car il est plus intéressant de scolariser un garçon plutôt qu’une fille dans un monde du travail qui recherche surtout des hommes ! Le cinéaste africain-américain Spike Lee s’est engagé très tôt dans le combat des femmes qui font la grève du sexe. C’est un moyen pour elle de faire réagir leurs hommes à déposer les armes et ainsi sauver la communauté.

2.      Une croissance urbaine à gérer

Les villes africaines produisent 55% de la richesse du continent. Nairobi au Kenya, est présenté comme la capitale de l’innovation. L’Afrique comptait 294 millions d’urbains en 2000, on en comptera 742 millions en 2030, soit entre 40 et 50% de la population du continent.

De grandes mégapoles se forment. En 2025, Lagos (Nigéria) et Kinshasa (RDC) deviendront, selon ONU-Habitat, les 11ès et 12ès plus importantes villes du monde. Kinshasa, surtout, devrait connaitre une progression de 4 millions de ses habitants (soit une hausse de 46%), Accra est passée de 400.000 habitants en 1960 à 1,5 million en 2000 et environ 2,3 millions de nos jours. Sur la même période, Nairobi est passée de 250.000 à 4 millions d’habitants…

Développement urbain est anarchique. Le coût de la construction dépasse les 40 milliards de dollars, ce qui met de nombreux pays hors de possibilité de financer le développement des villes. 63% de la population en est réduite à vivre dans des bidonvilles sans accès à l’eau ni à l’électricité. Même quand elles existent, les infrastructures électriques sont insuffisantes. La compagnie de production d’énergie électrique sud-africaine Eskom peine à fournir de l’électricité à l’ensemble des entreprises et des habitants du pays.

3.      Des incertitudes pour les sociétés

Le pillage des ressources forestières. La République Démocratique du Congo (RDC) est devenue le paradis du commerce illégal de bois. La corruption, les pressions exercées par les entreprises, l’absence de contrôle de la part d’un Etat qui ne veut pas s’en occuper, font que les 10 millions d’hectares de forêt (sur les 150) mis en exploitation sont souvent détournés de leur usage premier : agriculture et combustible. Les déforestations massives détruisent un milieu fragile en équilibre avec le climat. Ce sont chaque année 4 millions d’hectares de forêts qui disparaissent.

La population subit les conséquences. Les famines ont tendance à disparaître mais les populations sont souvent touchées par des épisodes de disette plus ou moins aggravés. C’est le cas dans la corne de l’Afrique, au Soudan, en Somalie… les conflits ethniques entraînent des déplacements de population et des problèmes alimentaires.

La démocratie peine parfois à s’exprimer. Printemps arabe depuis 2011, soulèvements en Afrique centrale (RDC : un président en chasse un autre ! puis intervention de la France). Les renouvellements de mandats présidentiels font suite aux changements de constitutions et ne sont pas toujours acceptés par les populations…