Comment un territoire aussi grand et aussi vide peut-il être sources d’enjeux dépassant parfois les limites des pays dans cette région ?

La version augmentée du cours comporte en plus : 

  • 1 cours entièrement rédigé (intro + conclusion).
  • Quiz : 50 questions.
  • Toutes les annales du bac.
  • Sujets : 4 compositions, 1 étude de document(s).
  • 1 lexique.

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1.      Des populations en périphérie

Les populations se répartissent autour du désert. On retrouve des populations le long de l’océan Atlantique, au pied des monts Atlas et le long de la Méditerranée. A l’est les habitants se concentrent le long du Nil, seul fleuve traversant intégralement le désert. Au sud, les villes de Nouakchott, Tombouctou, Agadez et Khartoum marquent la limite entre le désert et le Sahel. 

Aucune capitale politique ne se trouve dans le désert. Toutes sont situées en périphérie à l’image d’Alger, de Tripoli, de Dakar, du Caire… Quelques villes sont portant situées dans le désert comme Tamanrasset dans le sud algérien, ou Murzuq dans le sud de la Libye. Ces villes accueillent des populations venues exploiter les richesses ainsi que les populations qui traversent le désert.

2.      Un espace traversé

Des populations traversent ce désert du nord vers le sud. Ce sont des populations qui font du commerce entre la rive nord du Sahara et le Sahel. Le désert est traversé sur des camions dans lesquels s’entassent indistinctement personnes et marchandises. Voyager ainsi est bon marché mais fort dangereux car repose sur l’habileté du chauffeur à maitriser un véhicule parfois source de pannes.

Certains traversent le désert pour migrer vers l’Europe.  Ces traversées les emmènent vers les rivages de la Méditerranée pour tenter la traversée de cette dernière frontière avant l’Europe. D’autres font le choix de passer par les îles Canaries ou alors de tenter leur chance par l’Est de la Méditerranée.

1.      Des trafics importants

Les trafics sont la plupart du temps légaux. Il s’agit de populations faisant du commerce entre le nord et le sud de ce désert. Les produits transportés sont très divers aussi bien dans leur composition que dans leurs valeurs. Ce sont des chaises plastiques, des vélos, des outils… ensuite revendus dans les régions du Sahel.

Des trafics illégaux se sont également développés. Il s’agit par exemple de trafics de drogues entre la rive sud de la Méditerranée et l’Europe. Du cannabis est ainsi cultivé au Maroc, traverse une partie du territoire chérifien avant d’arriver en Europe, soit par voie terrestre ou par voie maritime. Sur de plus grandes distances, des flux de drogue traversent l’océan Atlantique pour être déchargés dans le port de l’Ouest du Sahara ou du golfe de Guinée. Ces productions qui proviennent d’Amérique du Sud, traversent ensuite le désert du Sahara avant d’arriver en Europe.

2.      Des ressources vitales

Le sous-sol est riche en sources énergétiques. Celles-ci portent d’abord sur les hydrocarbures (pétrole et le gaz naturel) présents dans de nombreux pays : Maroc, Algérie, Libye, Egypte, Soudan. On trouve également de l’uranium au Niger utilisé comme combustible pour les centrales nucléaires. Ces ressources sont destinées à un marché extérieur et ne profitent que peu aux pays producteurs.

L’eau est une ressource vitale. Malgré l’aridité, l’eau est présente dans le sous-sol sous la forme de nappes phréatiques. Elles permettent d’alimenter les populations et les productions agricoles. Les parcelles irriguées sont visibles de loin : elles ont des formes circulaires liées aux systèmes d’arrosage utilisé. Mais ce type de production dégrade l’environnement du fait de l’épuisement des ressources et de la salinisation du sol. Ponctuellement, de petites parcelles restent irriguées de façon plus traditionnelle. De formes géométriques carrées elles correspondent à des oasis où plusieurs types de cultures sont pratiqués selon des techniques et des méthodes ancestrales.

1.      Tensions périphériques

Les conflits sont nombreux et n’épargnent aucun territoire. Des combats ont lieu au centre du désert au Mali ou dans le nord du Nigéria. Les périphéries du désert ne sont pas épargnées non plus. Les révolutions du printemps arabes à partir de 2011 se poursuivent actuellement dans le nord de la Libye. Il en est de même plus à l’Est, où le Soudan connaît une division du pays en deux pour des raisons de ressources pétrolière et religieuses.

Le Sahara occidental est source d’enjeux. Le Maroc considère ce territoire comme étant le sien alors que les Sahraouis (populations locales), s’estiment être indûment chassées de chez elles. Aussi se sont-elles réfugiées de l’autre côté de la frontière, en Algérie. Le Maroc a construit un mur de sable surveillé par l’armée pour empêcher les Sahraouis de revenir. Le royaume Chérifien exploite alors les ressources locales (phosphate, fer, pétrole…) Les pays d’Afrique, l’ONU et la France dénoncent cette annexion et le comportement colonialiste du Maroc.

2.      Les sources du pouvoir

Les tensions concernent des ethnies. Par exemple, le Soudan divisé en deux (Soudan du Nord et Soudan du sud) est marqué par une guerre civile liée aux ressources naturelles. Au sud se trouvent des populations majoritairement chrétiennes vivant sur des ressources d’hydrocarbures. Au nord, les populations, majoritairement musulmanes, disposent des moyens de raffiner ces hydrocarbures avant de les exporter.

Le terrorisme trouve refuge dans le désert. Le groupe Boko Haram lutte contre le monde occidental et son éducation. Il mène des actions terroristes au Nigéria et dans les pays voisins (Tchad). Il trouve facilement refuge dans les parties désertiques du Sahara. Il en est de même des groupes terroristes ayant fait allégeance à l’Etat islamique et qui utilisent le désert comme un gigantesque lieu de refuge. Les actions de l’armée française au nord du Mali montrent la difficulté de repérer les caches d’armes pour les détruire.